Interview de Stéphane

Derrière les meubles By Cactus, il y a Sophie Bovy et Stéphane Solnon, un duo complémentaire. Sophie a été responsable des achats d’une enseigne française d’équipement de la maison et Stéphane est designer indépendant. Rencontre avec celui qui stylise les meubles By Cactus!

 

Pourquoi t’es-tu lancé dans l’aventure By Cactus ?

Je suis en profession libérale depuis 9 ans. J’avais déjà franchi un cap dans ma vie professionnelle en me mettant à mon compte car auparavant, j’étais salarié. L’opportunité de faire partie d’un binôme créatif à l’initiative d’une marque de meubles design m’a semblé être une suite logique.

Parfois, lorsque l’on est designer, il arrive que notre créativité soit bridée par certains cahiers des charges restrictifs. Bien sûr, on reste inventif avec le budget alloué mais on ne peut pas se permettre trop de libertés créatives qu’il s’agisse de matériaux ou de design afin de coller au mieux aux attentes de nos clients.

Le prix, entre autres, conditionne la création. Par exemple, certains matériaux moins onéreux offrent par nature moins de potentiel créatif.

Quand Sophie, avec qui j’ai travaillé pendant plusieurs années, m’a fait part de son projet, j’ai tout de suite dit oui ! Avec By Cactus, je suis plus susceptible de laisser libre court à mes idées.

 

Quelle est ta vision de By Cactus ?

Avec Sophie, nous avons voulu concevoir des meubles haut de gamme qui ont de l’identité, conçus de manière artisanale et à des prix accessibles. Avec nos meubles By Cactus, nous souhaitons rester créatifs et imaginatifs tout en gardant les pieds sur terre.

 

Justement, comment qualifierais-tu le marché du mobilier en France ?

Il a beaucoup évolué ces dernières années. Il y a 10 ou 15 ans, les enseignes avaient des positionnements différents, certaines étaient sur le créneau des meubles traditionnels et d’autres sur celui des meubles modernes. Aujourd’hui, tout le monde tend vers du moderne.

IKEA a chamboulé le marché en démocratisant le design. La course aux prix fait désormais rage et tout doit se renouveler plus vite, plus souvent ; sans compter la concurrence des nouveaux arrivants sur Internet. Tout cela a fait que les meubles ont perdu de la valeur aux yeux des consommateurs. Aujourd’hui, on n’achète plus forcément un meuble de qualité et les meubles n’ont plus vocation à être gardés ou transmis.

 

Quelle a été ton inspiration pour créer les meubles By Cactus ?

Mon but est de ne pas dénaturer la fonction du produit tout en trouvant le petit plus qui constituera sa valeur ajoutée !

Pour le buffet Bliss, la ligne est plutôt rétro, années 1970, les petits plus, ce sont les pieds et les poignées colorés, les façades de tiroirs inclinées et la niche. Pour le buffet Goutte, toute sa signature se trouve dans les prises de mains de différentes longueurs sur les façades des tiroirs.

De profil, l’angle formé dans les portes du buffet K est son atout charme.

Quant au buffet Velvet, tout est dans sa rondeur. Pour le meuble TV Joe et ses différentes variantes, le design minimaliste prime et le contraste se situe dans le contour bois massif et les cubes en laque.

Les beaux arguments de la table basse Erell, ce sont ses plateaux colorés non fixés. Et la table Cloe, à mi-chemin entre le vintage et le charme, fait la part belle au bois. Ses profils au niveau du plateau et des pieds sont très travaillés.

 

Où trouves-tu l’inspiration au quotidien ?

Partout ! Il faut garder l’œil ouvert. Je me tiens évidemment informé des tendances en suivant différentes enseignes de mobilier et je vais à des salons professionnels notamment ceux de Milan et de Cologne. Mais au final, je m’imprègne de tout et reste alerte quel que soit le domaine : automobile, mode, technologie… L’inspiration est vraiment partout.

 

Comment définirais-tu ton style ?

Moderne et pas trop délirant ni perché ! J’essaie de « signer » un design original, à la fois réaliste et réalisable du fait des contraintes industrielles auxquelles je suis rompu. Avec By Cactus, je suis verni car comme nous avons choisi de privilégier des matériaux nobles naturels, je peux travailler sur les épaisseurs et les formes car il s’agit de bois massif et non pas de panneaux. J’ai pu prévoir des assemblages tenon-mortaise ou en queue d’aronde ! Je me suis fait plaisir avec des piétements en métal, des couleurs et des finitions mâtes ou brillantes. Tous ces détails font vraiment toute la différence au niveau du style.

 

Pourquoi es-tu devenu designer ?

Vaste question… Je n’étais pas le premier de la classe et je maîtrisais bien le dessin. Mes parents m’ont orienté vers un concours d’arts appliqués à l’école Pivaut de Nantes. Pendant ma formation, deux intervenants m’ont marqué : l’un travaillait chez Ligne Roset et l’autre chez Habitat. Leur parcours et approches du design m’ont beaucoup inspiré. J’étais fasciné par le dessin technique, la perspective, la 3D et plutôt calé pour cela. J’ai fait mon stage de dernière année chez un fabricant de meubles qui m’a, par la suite, embauché en tant que designer. J’y suis resté 6 ans. L’entreprise a mis la clé sous la porte et je me suis lancé en freelance… La suite, vous la connaissez !